L'invité

L'invité
On est invité un soir chez un ami. On se le disait souvent « faudra que tu viennes un soir », il a fallu insister un peu sur le ton de l'amusement « tu dois toujours m'inviter ». Puis cela s'est enfin concrétisé, on y va après une journée plutôt chargée pour l'invitant comme pour l'invité, ce qui permettra à l'un de s'excuser de pas avoir à offrir mieux, avec le fameux « j'ai pas eu le temps de faire les courses », et l'autre de confirmer que cela n'a pas beaucoup d'importance.
Il arrive un moment dans ce genre de soirées un moment où l'hôte vous laisse quelques minutes dans le salon, souvent pour rejoindre la cuisine pour mettre le plat dans le four, éventuellement les fleurs dans un vase ou toute autre activité de fin de journée (regarder rapidement son courrier, donner à manger au chat, ...). La conversation continue à distance, on raconte souvent sa journée, les conversations plus « intéressantes » arriveront un peu plus tard. On regarde autour de nous, on boit une gorgée du coca fraîchement servi. Notre regard se porte alors sur la bibliothèque/cdthèque/dvdthèque de cet ami que l'on va connaître un peu plus en quelques instants. Certains classiques font partie de la collection, d'autres choix sont plus surprenants... on reconnaît ce qui est au dessus de la pile, ou les boîtiers ouverts qui donnent un petit indice sur les dernières lubies de celui qui ne revient plus de la cuisine, à qui on lancera « j'me permet de regarder tes cds », par exemple. On retrouve aussi quelques choses (livres, cds, dvds) communes. On s'attardera alors sur celle qu'on avait hésité à acheter, pouvant relancer la discussion une fois l'hôte revenu : « il est bien celui là ? ». On repartira peut-être même avec quelques emprunts, histoire de prolonger un peu tout ça.
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# Posté le lundi 23 novembre 2009 16:58

Modifié le lundi 23 novembre 2009 17:12

Ce que mes yeuxont vu

Ce que mes yeuxont vu
Il y a ces gens qui marchent dans la rue, à quelques mètres de nous, qui partagent un lieu public pas loin de nous, une bibliothèque, un métro, un magasin, un train, un escalator. Ces personnes nous tournent le dos puisque leur but n'est pas de nous regarder. C'est alors que nos yeux peuvent tout se permettre. Parcourir du regard un corps que l'on voudrait alors plus près, deviner sous les vestes et les pantalons les formes les plus intéressantes. Deux situations différentes mais tout aussi fantasmatiques :
- Première situation : La personne que l'on regarde est devant nous et ne sait pas que nos yeux parcourent le moindre centimètre de son corps, s'attardant à certains endroits stratégiques. Quelques pensées pas forcément très catholiques s'invitent alors. On se dit qu'avec une telle dégaine, de si beaux cheveux, des habits si bien portés, cette personne inconnue ne peut être que magnifique. Son visage doit aller avec tout ça, être « good-looking ».
- Deuxième situation On ne peut pas regarder la personne sans se faire remarquer. Là c'est l'imagination qui prime. Le regard de 3/4 peut juste donner des informations de base sur la taille, la corpulence, la longueur et la couleur des cheveux. Encore une fois, cette personne inconnue toute proche fait l'objet de tous nos fantasmes.
La personne change de rue, part du train, vous laissant cette image si belle. On regrette beaucoup de ne pas avoir vu de face ce bel ange, son visage sûrement si beau...
Finalement, c'est sûrement mieux comme ça : s'il s'était retourné, on aurait très certainement été déçu.
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# Posté le vendredi 20 novembre 2009 17:06

Ce que pensent les hommes

Ce que pensent les hommes
Les garçons dans les vestiaires. Clarika en a fait toute une chanson, je me suis alors demandé ce qu'il y avait de particulier dans ces vestiaires masculins. Quitte à décevoir certains, les garçons sont comme les filles. Certains sont pudiques et s'entortillent d'une serviette pour enfiler leur caleçon, d'autres plus à l'aise discutent ensemble sous la douche. Bien sûr nous avons les discussions foot, ou plus généralement sport. Des discussions politiques également, certains quarantenaires ayant un avis sur tout « mais sarkozy il le fait exprès », jusqu'à vouloir refaire le monde « si on continue comme ça on court à notre perte ». On oublie alors que l'on est en caleçon voire en tenue d'adam pour entamer des discussions de comptoir. Les habitués parlent des cours qu'ils ont ratés, « mais c'est parce que je faisais un marathon ». Le groupe assez important des gays (comme quoi ils font apparemment effectivement attention à leur image), reconnaissable notamment à la bise qu'ils se font et aux discussions qu'ils peuvent avoir (« avec alex, on est a passé nos vacances en Espagne »). Enfin, les surprotéinés qui, eux, ne discutent pas, se regardent dans la glace et avalent leurs mixtures habituelles.
Mine de rien, les vestiaires des hommes, où ma vue déplorable m'a souvent miné, peuvent vite me manquer.
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# Posté le dimanche 08 novembre 2009 06:13

Ecrire pour exister

Ecrire pour exister
L'auteur est souvent celui qui connaît le moins son œuvre. Voilà pourquoi il se doit de se relire assez souvent. Il y a alors des moments de fierté, ceux où l'auteur se dit « ah ouais, je l'aurais pas mieux dit » ou « ah c'est vrai je voulais dire ça je ne m'en souvenais plus ». Se relire fait, de fait, se remémorer pas mal de choses, bonnes et mauvaises. Mais l'écrit permet au moins de mettre des mots sur ces instants là de chagrin ou de complicité, de manque ou d'émerveillement. Mais au grand dam de celui-ci, il arrive alors pour l'auteur de se répéter. Il n'aurait pas du se relire, les mêmes chansons, les mêmes thèmes d'article.... Il comprend mieux les critiques de certains livres ou disques qui disent « c'est le même que le dernier ». L'auteur rationalise pour sa part en me disant qu'il est, au moins, fidèle à sa pensée, qu'il sait traduire une même pensée par différents mots. Plus très original peut-être, d'où aussi une écriture qui se fait plus rare. Peut-être parce que les choses changent peu... Quelques jours après la date des 2 ans de liberté, bien sûr que des choses ont changé, dans le bon sens comme dans le mauvais. Les articles larmoyant écrits avec quelques grammes dans le sang, ça n'arrive plus vraiment. Une boucle s'est bouclée : de l'auteur très expressif sur ses émotions et sur ce qu'il ressent, l'auteur a repris le costume de celui qui garde les choses en lui. Voilà pourquoi l'auteur se renouvelle peu. Il continuera à écrire, comme ces derniers temps peu souvent, en espérant à chaque fois qu'il prendra sa plume qu'il est allé un peu de l'avant, ne serait-ce que de quelques pas.
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# Posté le dimanche 08 novembre 2009 05:46

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 06:09

Berceuse - Coeur de Pirate

Songe après songe tu me manques
Et les peines ne disparaissent pas
Et jour après jour je songe
À courir très doucement vers toi

Mais toi tu ne me connais plus
Après ce tort je t'ai vraiment perdu
Et elle se range à tes côtés
Pendant que j'en oublie tes baisers

Et sans souffrir j'en ris
Mes regrets restent dans son lit
Et sans rire je souffre
Car il a eu mon dernier souffle

Tort après tort je cale
Et mes larmes ne te ramèneront pas
Et coup après coup que je donne
Il ne me lâchera pas

Il ne me connaît pas vraiment
Et toi tu ne me cherches pas à l'instant
Pourtant je cherche pourquoi je t'ai laissé
Que pou un temps dans cette soirée

Et sans souffrir j'en ris
Mes regrets restent dans son lit
Et sans rir je souffre
Car il a eu mon dernier souffle

# Posté le dimanche 18 octobre 2009 19:40